Objets osseux énigmatiques réalisés sur os de Cheval dans le Solutréen de la Salpêtrière (Gard, France)
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- Objets osseux énigmatiques réalisés sur os de Cheval dans le Solutréen de la Salpêtrière (Gard, France)
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La couche solutréenne (couche i) de la grotte-abri de la Salpêtrière (Remoulins, Gard) datée entre 20 500 ± 300 BP (MC 2085) et 18 700 ± 500 BP (MC 1372), a livré un matériel faunique abondant. Le spectre faunique est diversifié, dominé par le Renne et le Cheval, avec en moindre importance le Cerf, le Bouquetin et le Chamois. L’exploitation alimentaire des carcasses des deux proies principales est maximale avec la récupération de la viande mais aussi de la moelle et des organes mous, comme le démontrent les modèles de boucherie (stries de découpe, points d’impact…).
En ce qui concerne le cheval, une utilisation particulière de certains ossements a été remarquée (JPB). Deux éléments anatomiques de ce taxon, soit les extrémités distales de métapodes et de radius, présentent une modification du volume importante sous la forme d’une abrasion générale, assez atypique, laissant les extrémités érodées et émoussées. Cela concerne dix des douze extrémités distales de métapode et deux des neuf extrémités distales de radius présentes sur le site (Fouilles M. Escalon de Fonton et F. Bazile). De telles usures sont absentes sur les autres éléments squelettiques de cheval, ainsi que sur tout autre matériel osseux de cette couche.
Pour les métapodes, l’usure s’étend de la face antérieure à la face postérieure, entraînant l’arasement total de la quille guide, tendant même dans certains cas vers un aplatissement. Le radius est également affecté sur la quasi-totalité de son extrémité. L’observation microscopique des métapodes révèle la présence d’un poli sous forme de plages plus ou moins étendues.
Les sites paléontologiques livrant des équidés (aven, repaire d’hyènes) ne présentent aucun élément osseux portant de telles abrasions. Les ossements de cheval retrouvés à la Salpêtrière présentent des caractéristiques qui témoignent sans conteste de leur emploi à des fins techniques, l’usure observée ne pouvant correspondre à une modification naturelle ou pathologique. L’utilisation particulière de ces éléments squelettiques semble tout à fait inédite dans le corpus actuel connu des industries osseuses du Paléolithique supérieur européen. Il s’agit ici de la première mention de tels objets dont la fonction et le fonctionnement restent encore assez énigmatiques. En effet, en l’absence de cas identiques connus, il n’est pas possible de caractériser ce phénomène, bien que l’usure semble résulter d’un frottement, répétitif ou prolongé, suffisant pour créer ces émoussés, peut-être favorisés par une préparation antérieure.
L’étude tracéologique ainsi que des expérimentations permettent de préciser les modalités d’aménagement et d’utilisation de ces objets osseux.
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